LA
VANNE 4 VOIES D’INVERSIONDE CYCLE (1ère partie)
De
très nombreuses pompes à chaleur ont été
installées depuis le premier choc pétrolier de 1973.
La plupart de ces pompes à chaleur sont équipées
d’une vanne d’inversion de cycle à 4 voies utilisée
soit pour passer la pompe en régime été (refroidissement),
soit pour dégivrer la batterie extérieure en régime
hiver (chauffage).
L’objet
de ce chapitre est d’étudier le fonctionnement de la vanne
d’inversion de cycle à 4 voies (V4V), qui équipe
la majorité des pompes à chaleur air-air classiques
ainsi que les systèmes de dégivrage par inversion
de cycle (voir page 433), de sorte à être capable de
remédier efficacement aux dysfonctionnements les plus courants.
A)
Fonctionnement de la V4V :
Examinons
ci-contre le schéma de l’une de ces vannes, constituée
d’une grosse vanne principale à 4 voies et d’une petite électrovanne
pilote à 3 voies montée sur le corps de la vanne principale.
Pour
l’instant, intéressons-nous de près à la vanne
principale à 4 voies :
Remarquons
d’abord que sur les 4 raccordements de la vanne principale, 3 sont
placés côte à côte (l’aspiration du
compresseur est toujours raccordée sur celui du milieu)
et que le quatrième raccordement se trouve seul de
l’autre coté (on y raccorde toujours le refoulement du
compresseur)
Notez
que le raccordement du refoulement peut être décentré
sur certains modèles de V4V.
A
l’intérieur de la vanne principale, la communication entre
les différentes voies est assurée par un tiroir amovible
(repère 3) coulissant entre 2 pistons (repère
4). Chaque piston est percé d’un petit orifice (repère
5) et est équipé d’un pointeau (repère
6).
Enfin,
3 capillaires (repères 7) sont piqués sur le
corps de vanne, comme indiqué sur le schéma, et raccordés
sur l’électrovanne pilote.
Chaque
élément que nous venons de présenter à
son rôle dans le fonctionnement de la vanne V4V. C’est dire
que si l’un de ces éléments est défaillant,
il peut être à l’origine d’une anomalie de fonctionnement
très difficile à déceler si l’on ne maîtrise
pas bien le principe de fonctionnement de la vanne.
Étudions
maintenant comment fonctionne la vanne principale...
Si
la V4V n’est pas installée et qu’on alimente la petite électrovanne
pilote, on l’entend distinctement " cliquer "
mais le tiroir ne bouge pas. En effet, pour faire bouger le
tiroir à l’intérieur de la vanne principale, il est
absolument nécessaire que les pressions HP et BP soit présentes
à l’intérieur de cette vanne. Voyons pourquoi...
Le
refoulement du compresseur (la HP) et l’aspiration (la BP) sont
toujours raccordés comme représenté ci-contre.
Pour l’instant, nous simulerons le fonctionnement de l’électrovanne
pilote à 3 voies par l’intermédiaire de 2 vannes manuelles
: L’une fermée (repère 5) et l’autre ouverte
(repère 6)
Au
centre de la vanne, la HP exerce une force sur les 2 pistons,
qui pousse le tiroir vers la gauche (repère 1) et
en même temps vers la droite (repère 2). Ces
2 forces étant identiques, elles s’annulent.
Rappelez-vous
que les 2 pistons sont percés d’un petit orifice. La HP peut
donc passer derrière le piston de gauche (repère
3) et elle pousse alors le tiroir vers la droite.
Simultanément,
la HP passe également derrière le piston de droite
(repère 4). Mais, comme la vanne 6 est ouverte
et que le diamètre du capillaire de liaison est beaucoup
plus important que le diamètre de l’orifice du piston,
les molécules de gaz HP qui traversent cet orifice sont aussitôt
aspirées dans la BP. La pression derrière le piston
de droite (repère 4) s’équilibre donc avec
la BP.
Ainsi,
la plus grande force (due à la HP) poussant vers la droite,
le tiroir se déplace à droite en mettant en communication
le refoulement avec la tuyauterie de gauche (repère 7)
et l’aspiration avec la tuyauterie de droite (repère 8).
Si
maintenant la HP s’applique sur la droite du tiroir (vanne 6
fermée) et que la BP s’applique à gauche (vanne 5
ouverte), la force prépondérante poussant vers la
gauche, le tiroir se déplace à gauche.
A
ce moment, le tiroir met en communication le refoulement avec la
tuyauterie de droite (repère 8) et l’aspiration avec
la tuyauterie de gauche (repère 7), c’est à
dire exactement l’inverse du schéma précédent
!
Rappelez-vous
que c’est la différence de pression entre la HP et la BP
qui permet au tiroir de se déplacer.
Bien
sûr, il ne serait pas envisageable d’utiliser 2 vannes manuelles
pour inverser le cycle de fonctionnement. C’est pourquoi nous allons
maintenant étudier de plus près le fonctionnement
de l’électrovanne pilote à 3 voies chargée
d’automatiser cette inversion de cycle.
Nous
avons vu que les déplacements du tiroir ne pouvaient se produire
que s’il existe une différence de pression entre la HP et
la BP. L’électrovanne pilote à 3 voies ne sert qu’à
faire chuter la pression sur l’une ou l’autre des extrémités
de la vanne principale. C’est pourquoi cette électrovanne
pilote, de très faible dimension, est exactement la même
quel que soit le diamètre de la grosse vanne principale.
La
voie centrale est la voie commune (qui n’est jamais fermée)
et qui est raccordée sur la BP.
La
bobine n’étant pas alimentée, la voie de droite est
fermée et c’est la voie de gauche qui est mise en communication
avec la BP. A l’inverse, quand la bobine est alimentée, la
voie de droite est mise en communication avec la BP et c’est la
voie de gauche qui se ferme.
Examinons
maintenant un circuit frigorifiquetrès simplifié
équipé d’une V4V.
La
bobine de l’électrovanne pilote n’étant pas alimentée,
sa voie de gauche ainsi que la partie gauche du tiroir sont mis
en communication avec la BP (rappelons que le diamètre de
l’orifice du piston est beaucoup plus petit que le diamètre
des capillaires de liaison). C’est donc la BP qui règne à
gauche du tiroir.
Puisque
la HP règne sur la droite du tiroir, la différence
de pression le repousse brutalement sur la gauche de la vanne principale.
Arrivé
en butée gauche, le pointeau de piston (repère A)
étrangle l’orifice de liaison du capillaire de sorte à
interrompre le passage des gaz, devenu inutile. En effet, une fuite
permanente entre la HP et la BP ne pourrait qu’avoir une influence
néfaste sur le fonctionnement (voir panne du compresseur
trop petit, aspect pratique, page 145). Notez que la pression
va de nouveau s’équilibrer avec la HP à gauche du
tiroir, mais la HP régnant également à droite,
le tiroir ne pourra plus changer de position.
Notez
bien l’emplacement du condenseur et de l’évaporateur, ainsi
que le sens de passage du fluide dans le détendeur capillaire.
Maintenant,
avant de tourner la page, essayez d’imaginer ce qui va se passer
lorsqu’on va alimenter la bobine de l’électrovanne...
En
alimentant la bobine de l’électrovanne, on met en communication
la partie droite du tiroir avec la BP, et le tiroir se déplace
brutalement vers la droite. Arrivé en butée, le pointeau
de piston interrompt la fuite de gaz en étranglant l’orifice
de liaison du capillaire. Le tiroir s’étant déplacé,
le refoulement est maintenant dirigé sur l’ancien évaporateur,
devenu condenseur. De même, le compresseur aspire dans l’ancien
condenseur, devenu évaporateur. Notez que le fluide frigorigène
traverse maintenant le capillaire dans l’autre sens.
Pour
éviter toute confusion, chaque batterie étant tour
à tour évaporateur ou condenseur, on préfère
les nommer batterie extérieure (pour l’échangeur situé
en dehors des locaux) et batterie intérieure (pour l’échangeur
situé à l’intérieur des locaux).
B)
Risques de coups de liquide :
En
fonctionnement normal, le condenseur est rempli de liquide. Or,
au moment de l’inversion de cycle, nous avons vu que le condenseur
se transforme brutalement en évaporateur : C’est dire qu’une
importante quantité de liquide risque d’être aspiré
par le compresseur, même si le détendeur (ce n’est
pas toujours un capillaire) est fermé à fond.
Pour
éviter ce risque, on installe généralement
une bouteille anti-coups de liquide sur l’aspiration, comme représenté
ci-contre.
La
bouteille est conçue de sorte qu’un éventuel afflux
de liquide ne puisse atteindre le compresseur, principalement lors
d’une inversion de cycle. Le liquide reste piégé dans
le fond de la bouteille et l’aspiration se fait par le haut de la
bouteille, éliminant tout risque.
Mais
nous avons vu que de l’huile (donc un liquide) revient en permanence
par l’aspiration. Pour permettre le retour de cette huile au compresseur,
un orifice calibré (ou parfois un capillaire) est prévu
en partie basse de la canne d’aspiration.
Lorsque
du liquide (huile ou frigorigène) se trouve piégé
dans la bouteille, il est aspiré par l’orifice calibré
et retourne lentement et régulièrement au compresseur,
en quantité bien insuffisante pour risquer de provoquer des
dégâts.