
De Chine voici quatre mille ans, du nord de l'Inde, c'est sans doute par
la célèbre Route de la Soie qu'il atteignit le Moyen-Orient avant d'être
gréco-romain.
Importé d'Italie au milieu du XVe siècle, il n'eut d'abord pas grand
succès en France : c'est La Quintinie qui fit planter des abricotiers
dans le potager de Versailles.
La culture de l'abricotier se développera au XVIIIe siècle. Dans son
"Traité des arbres fruitiers", D. de Monceau dénombre déjà
treize espèces d'abricots.
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Originaire
de l'Asie Centrale, l'ail est cultivé et consommé depuis des millénaires.
Les Chaldéens en étaient friands, de même que les Egyptiens, qui en
distribuaient aux esclaves chargés de la construction des pyramides.
Grecs et Romains en consommaient volontiers : à Rome, le petit déjeuner
courant se composait souvent de pain frotté d'ail.
Les Gaulois passent pour avoir été de grands consommateurs d'ail, et au
Moyen Age, on peut lire dans le "Livre des Métiers" que règnent
en France "aulx, oignons, et toute autre manière d'aigrum" (ainsi
désignait-on cresson et raifort).
L'Ail a toujours figuré parmi les légumes-condiments les plus populaires
en France : il fait partie des "provisions condimentaires" de base
pour la cuisine, non seulement dans le Midi, son terroir de prédilection,
mais aussi dans toutes les autres régions de notre pays
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Ananas  |
Il
y avait sans doute bien des siècles que les Indiens d'Amérique centrale
et des Caraïbes consommaient l'ananas quand Christophe Colomb le découvrit,
lors de son deuxième voyage vers le Nouveau Monde. Son nom pourrait dériver
du langage des Indiens Guaranis, dans lequel ça désigne un fruit (en général)
et Ça signifie... excellent !
C'est en 1535 que ce fruit, est présenté à la Cour d'Espagne. Sa
diffusion va suivre l'ouverture des grandes voies maritimes par les
Portugais.
L'ananas fera encore figure de rareté aux XVIe et XVIIe siècles en
Europe (on l'importe des Amériques). Mais il va aussi bénéficier de la
culture sous serre, en Hollande, en Grande-Bretagne, puis en France :
Louis XIV exige de ses jardiniers qu'on cultive l'ananas dans les serres
du château de Choisy-le-Roi. Au XIXe siècle on le vendait déjà sur les
marchés publics.
Mais cette production de serre sera bientôt concurrencée par les
importations venues d'outre-mer.
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Artichaut  |
L'artichaut
(Cynara scolymus) était à l'origine un chardon sauvage qui, sous
l'influence de croisements et d'améliorations culturales, est devenu la
plante que nous connaissons.
Il est probablement originaire du bassin méditerranéen, et on signale sa
présence pour la première fois en Italie durant la Renaissance, au
milieu du XVIe siècle.
il fut ensuite introduit en France, d'abord sur
les tables royales : Catherine de Médicis en était très friande, de même
que Louis XIV, qui en raffolait. A l'époque du Roi Soleil, La Quintinie,
le responsable des potagers de Versailles, en distinguait déjà cinq variétés
différentes : le Blanc, le Vert, le Violet, le Rouge, et le Sucré de Gênes.
C'est vers 1810 que fut créé et développé, par un agronome de la région
parisienne, le gros Camus de Bretagne, devenu aujourd'hui l'artichaut le
plus consommé en France, bien avant le Violet de Provence et le Blanc Hyérois.
Ce que nous appelons fond ou coeur de l'artichaut est en fait le réceptacle
charnu des fleurs non épanouies (qui forment le foin). Et ce que nous
nommons "feuilles" (et dont nous consommons la base) correspond
en réalité aux bractées, ou écailles : les feuilles proprement dites
de la plante sont portées par la tige épaisse, et se présentent sous
forme de grandes rosettes découpées.
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Asperge  |
Probablement
originaire du bassin méditerranéen, l'asperge était déjà consommée
-le plus souvent à l'état sauvage- chez les Egyptiens et les Grecs. Les
Romains en développèrent la culture, mais ce légume restait un mets réservé
aux riches gastronomes.
Un peu oubliée ensuite, l'asperge devait réapparaître
à la Renaissance, et retrouver la faveur des gourmets.
Produit de luxe, l'asperge était appréciée des rois et des princes.
Henri III en servait à ses mignons, et Louis XIV l'exigeait sur sa table
en toute saison : pour satisfaire son désir, La Quintinie, le responsable
des jardins royaux, mit au point un système de culture sous abri et en
couche chaude, permettant une récolte pratiquement toute l'année !
Jusqu'au début du XIXe siècle, seuls les amateurs fortunés pouvaient
s'offrir ce légume raffiné et fort cher. L'asperge commencera à se démocratiser
à cette époque, lorsque les cultures se répandirent en région
parisienne d'abord (prés d'Argenteuil, Bezons et Epinay), puis dans le
val de Loire dans les années 1870. Enfin, elle allait conquérir
l'Aquitaine, la Provence et le midi de la France, aujourd'hui autres
grandes régions de production.
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Aubergine  |
L'aubergine
est sans aucun doute originaire de l'Inde : aujourd'hui il y prospère
encore un nombre impressionnant de variétés de toutes couleurs !
Elle était déjà cultivée en Chine quatre siècles avant notre ère,
et ce sont les navigateurs arabes qui l'introduisirent dans le
bassin méditerranéen.
Au XIe siècle, Avicenne en parle dans ses traités de médecine, en
la nommant "al betigenn", d'où son appellation
espagnole "alberengena", dont dérive
"aubergine".
Elle était cultivée en Espagne au Moyen-Âge, on en connaissait
alors au moins quatre variétés différentes. Elle ne se répandra
dans le reste de l'Europe que vers le XVème siècle, d'abord en
Italie et dans le sud de la France, avant d'atteindre l'Allemagne
puis la Grande-Bretagne.
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Avocat
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Fruit
d'un arbre appartenant à la famille des lauriers, l'avocat est
probablement originaire des forêts tropicales du Mexique : on en a
trouvé des traces dans des fouilles datant de huit mille ans avant
notre ère.
Mayas et Aztèques le consommaient couramment, et il figure parmi
les présents offerts à l'explorateur Cortès. Selon le chroniqueur
J. de Acosta (1539 - 1600), l'avocat bien mûr est "comme du
beurre", et possède "un goût délicat et crémeux".
On le nommait alors "ahua qualt", d'où dérive son
appellation d' "aguagate", puis d'avocat
L'avocat sera rapporté à la cour d'Espagne au début du XVIIe siècle.
Cultivé aux Antilles dès 1750, puis en Californie au XVIIIe siècle,
l'avocat sera ensuite introduit en Afrique, en Australie, en Israël,
et même en Espagne.
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